Les formes que je crée sont issues de situations ou expériences souvent ordinaires ou communes, desquelles j'opère un glissement ; un déplacement de l'image à la performance, de la représentation à l'action. Ces situations sont toujours le point d’ancrage d’une réflexion sur notre rapport au temps, à son emploi, son organisation, sa consommation, et sur l’écart du travail au loisir. La notion d’attente traverse les formes que j’invente, qu’elles soient plastiques ou littéraires.


Dans une économie de moyen, une ambiguïté du geste, un état d’entre-deux, je cherche à impliquer l’autre comme partenaire de l’oeuvre : le médiateur, le performeur, un artiste dont le travail devient sujet d’une vidéo, le visiteur sollicité comme lecteur. Ce qui m’intéresse, c’est de mettre les corps en condition : que réaliser un film devienne une performance, qu’une sculpture devienne un prétexte à un exercice, qu'une image comme un lieu soient habités, que les textes aient lieu... et qu’à partir de ces notions, nos habitudes de regard ou d’attitude évoluent, de même que les contextes dans lesquels elles s’exercent. 
Travailler en contexte est un enjeu de mon travail. Il s’agit de penser le contrat tacite que l'on engage avec un endroit, et de tenter de défaire les règles, de les déplacer, d’insinuer que l’on pourrait faire autre chose ici, que l’on pourrait agir autrement. Les modes d’agir en fonction des lieux, en fonction des situations, ou en fonction des âges font partie des observations et des champs de recherches multiples qui animent ma pratique plastique et poétique. 

 

Mathis Berchery a été diplômé d'un DNSEP Art à l'Eesab Rennes en 2016. En 2015, il a étudié à la Muthesius Kunsthochschule de Kiel en Allemagne. Là-bas comme à Rennes, il a régulièrement travaillé en collaboration, notamment sur des projets de vidéo et de performance. Aujourd'hui, parallèlement à ses propres recherches, il évolue et élabore des projets d'exposition au sein du collectif Uklukk et du collectif Super Super.